Lundi 14 octobre 2002, Cayenne, Guyane Française.

Cinq jours que je suis chez mon cousin (merci à toi cousin de m'avoir accueilli). Je suis encore en terrain "hyper" connu et protégé, et pourtant l'environnement est déjà différent. La Guyane est un pays si grand, si multiple. J'ai bien envie d'y rester... ou du moins d'y revenir. Car je pars demain pour Macapa au Brésil en avion. Mais c'est sur : je reviendrais en Guyane. Explorer ses espaces. Découvrir ses cultures. Le film documentaire que je voulais faire sur les différentes cultures sud-américaines et leurs histoires, pourrait être tourné presque tout entier ici...
Vendredi j'ai fais la queue une heure à la poste pour une simple opération : je n'ai jamais vu autant de physionomies aussi différentes en un seul endroit, africaines, créoles, asiatiques, amérindiennes, européennes, arabes, et toutes sortes de métissages... Ce soir j'ai accompagné la femme de mon cousin à son cours de danse "d'inspiration africaine" : un truc magique s'est passé en moi. Ce cours était extraordinairement entraînant,... J'ai failli en pleurer. Je n'avais ressenti ça avant qu'une seule fois : lors d'un concert de musique mandingue accompagnée par un DJ parisien à la grande Halle de la Villette pour la Fête de la Musique en 2001 (Kelly, Lucky et Magalie doivent encore s'en rappeller aussi ???). Ce pays me donne envie de m'oublier. Ou peut être est-ce le voyage...
Venir ici m'a donné envie de redécouvrir la Guadeloupe, d'y chercher les belles choses, celles que les gens font sans à priori, pour le plaisir de se retrouver, et à défaut de vivre ici... Mais peut-être trouverais-je encore "mieux" sur ma route jusqu'à l'autre bout du monde (la Terre de Feu) ? Je pars demain. 6500km de Brésil à traverser. Seule finalement car l'amie qui voulait partir avec moi reste en France : son petit ami emménage chez elle.
Mais vous serez tous avec moi. Je le sais puisque vous étiez avec moi déjà à mon départ de Paris, puis à mon départ de Pointe-à-Pitre, et même, depuis le premier jour que je nourris ce projet (merci à tous ceux qui l'ont permis). Je serais seule sur la route. Mais ne vaut-il pas mieux être seul sur la route avec tout ce monde dans son cœur, qu'au milieu de la foule urbaine, délirante et toxique et de s'y sentir seule ??? Je vais apprendre à être multiple et une, sur la route.
Bisous à tous. Chà!