Vendredi 18 octobre 2002.

"Eu falo pocou português" - qui se prononce à peu près /èou falo pouko portouguèiss/ - est ce que je dois avoir le plus dis ces dernières 72 heures. Je termine mon troisième jour ici et me voilà qui tape sur un clavier QWERTY (le seul mot que je réussisse à taper sans encombre sur ce clavier...) : ma première galère au Brésil, ou plutôt la deuxième, après la barrière de la langue... Mais bon "Tudo bem" (qui se prononce /toudo béyin/), comme disent à tout bout de champ les brésiliens !
Quelques premières impressions du Brésil... Il ne fait pas aussi chaud que je l'imaginais. Et les hommes sont beaucoup moins macho ici qu'en Guadeloupe par exemple. Les stéréotypes ont la vie dure. Mais d'autres se vérifient : hier l'équipe de nettoyage du bateau dans lequel j'étais, a tout arrêté pour regarder les résultats du foot à la télé... et les femmes sont toutes habillées vraiment hyper sexies... mais bon : il fait si chaud !
Mardi 15 octobre : Cayenne-Macapa en avion. J'obtiens un visa de 90 jours à mon arrivée. Ce n'est visiblement pas le cas de tout le monde. Je marche 4 km jusqu'au centre ville, cherche l'hôtel pas cher de la ville. Il est plein, à cause de la fête de la Sainte Vierge Nazare qui n'est pas finie. Je décide de dormir sur un des si «confortables» bancs de la place... J'entends au loin une fête forraine, et j'aperçois des feux d'artifice... Je subis le concert de la fanfare de la police municipale de la ville... Même si la bossa au cor et au tambour, c'est toujours mieux que ce qu'on peut entendre en France !
Mercredi 16 octobre : Nuit difficile parce qu'un gars a fait le tour de la place toute la nuit en chantant. J'ai fini par sympathiser avec lui. Il m'a chanté "Aline" de Christophe en portugais. Inédit ! Je m'achète un billet et rejoins Santana en bus afin d'embarquer sur un bateau pour Belem. Le bateau part le lendemain mais les passagers sont autorisés à dormir sur le bateau depuis la veille. Je m'achète donc un hamac dans lequel je fais tout le voyage (24 heures).
Jeudi 17 octobre : La traversée en bateau de Macapa à Belem. Je vous passe les détails mais en gros je n'ai pas beaucoup mangé pendant la traversée parce que le seul repas du resto à bord était super cher. Heureusement, j'avais acheté des biscuits et de l'eau et fais un bon dîner la veille. Mon voisin, un paumé qui parlait créole guyanais, avec un look de guérisseur, couvert de gris-gris, m'a collé un peu trop à mon goût pour discuter. Mais dans l'ensemble c'était sympa. C'est vraiment quelque chose à faire, rien que pour l'entrelac des hamacs sur le pont inférieur. Et puis le coucher et le lever de soleil sur le fleuve Amazone. Souffle coupé ! Le plus surprenant ce sont les jeunes indiens qui habitent sur les rives et qui rejoignent le bateau avec leurs pirogues, s'y accrochent en pleine navigation et y monte, soit pour y vendre des choses, soit juste pour jouer...
Vendredi 18 octobre, aujourd'hui : arrivée à Belem, grosse ville pas très intéressante, trop grosse ville à mon goût. Je la traverse en bus et ce soir je prends un bus longue ligne pour Sao Luis d'oú j'espère pouvoir continuer à pied ou à vélo le long des plages,... je verrais bien.
Une chose est sure c'est qu'avec mes 335 euros par mois je suis hyper riche ici. Le salaire moyen brésilien est de 200 R$ soit un peu plus de 50 € (330 FF pour les anciens de tous les âges qui sont restés aux francs). J'ai donc sept fois plus qu'un brésilien pour vivre tous les mois. Ce qui m’étonne c'est le prix de certaines choses, hors de portée des Brésiliens eux même. Le repas sur le bateau coûtait 15 R$ soit 1/13e de leur paye moyenne. Tout ça pour un plat de riz haricot rouge viande qui coûterait 3 R$ dans un boui-boui quelconque.
J'ai une carte téléphonique que je n'ai toujours pas réussi à utiliser. L'opératrice automatique (messagerie vocale qui guide les choix pour effectuer l'appel) me dit un truc que je ne comprends pas. Dans quelques jours je parlerai mieux brésilien et j'y arriverai peut-être.
Je sens les gens motivés et souriants ici. Ils ont un très grand pays dont ils sont fiers. Ils se montrent et se mélangent sans complexe. Je sens aussi que je les intrigue ici dans le Nord avec mon gros sac de 20kg, mes chaussures de marche, et malgré tout un type physique identique au leur. Je n'ai pas la peau blanche des touristes habituels.
Désolée pour les puristes s’il y a des fautes. Non seulement d'habitude j'en fais pas mal, mais en plus, là je suis sur un clavier Qwerty : galère, galère...
Bisous à tous sans exception. Chà!