Mardi 18 mars 2003, Belém, Brésil.
Dehors il y a une manifestation anti-impérialisme et anti-guerre, organisée par le Parti des Travailleur, celui de l'actuel président du Brésil, Lula. Je crois qu'en ce moment le Brésil est vraiment l'avenir de ce continent. Ils produisent beaucoup et presque tout ce qu'ils consomment. Ils ont du pétrole. Ils aiment leurs traditions et les vivent. Ils boivent du Coca-Cola, mais rien de remplacera la guarana. Et puis toutes ces femmes à demi nues dans la rue, c'est tout juste incroyable.
Je viens d'accompagner ma copine espagnole à son bus et je vous écrit avant d'aller prendre mon premier avion : Belem-Macapa. Merci d'avance à David et Natacha qui vont m'accueillir chez eux à Matoury malgré ma précipitation à fuir cette ville (et donc à débarquer en Guyane Française).
Ma maladie s'est calmée au cours de la journée, mais je n'ai rien pu mangé. Juste boire du yaourt d'abord, et maintenant de l'eau, parce que même l'eau me détruisait l'estomac. Mes vomissements, maux de tête et fièvre, ont disparu, mais je me sens encore toute faible. J'ai hâte de voir un médecin qui me dise pourquoi. Parce que là vraiment je ne comprends pas. Mis à part le fait que tout se passe dans ma poitrine et mon estomac, et que peut être est ce le signe que cela me fend le coeur de mettre fin à ces aventures, et que je n'ai pas le courage de revenir.
J'ai l'impression que revenir va me demander autant d'efforts d'adaptation, sinon plus, que de partir et de voyager. Je suis prête à poursuivre ce nomadisme toute ma vie, et il va juste falloir que je m'organise à mon retour pour rendre ce désir compatible avec mes autres objectifs.
Cet après midi, j'ai fini en apothéose mes aventures en allant me relaxer dans la petite piscine de l'hôtel Hilton de Belém avec Eliane. Entrée gratuite, mais consommation obligatoire. On a bu de l'eau. On était les seules à prendre un bain. L'autre, une créature de rêve du genre qu'on ne voit que dans les magasines, a bronzé toute l'après-midi. J'ai fait quelques longueurs de crawl et d'apnée, ce qui ne m'a pas trop coûté vu que la piscine faisait 20 mètres.
Mais avant ça, Eliane et moi sommes allées visiter la ville, et spécialement l'immense marcher de Belém. Deux heures de marche au milieu des épices et des méchantes odeurs de poissons. Et au bout du marché, nous avons trouvé un joli port (visiblement moins touristique), et de l'autre coté, un fort. Nous avons voulu visiter le fort mais sur notre route jusqu'à ses remparts un homme s'est précipité sur moi, et m'a arraché ma chaînette en or sur laquelle, avant, j'enfilais les perles de culture que me donnait ma maman, et qui depuis le Brésil portait un joli coquillage. Mon porte-bonheur.
Je lui ai crié dans sa langue natale qu'il l'a garde, et que comme il me l'avait volé, elle lui porterait la pouasse. Je l'ai aussi injurié, et il a même ralentit son pas pour m'écouter parce qu'il voyait que je ne courrait pas après lui. Enfin bref. C'est dommage, mais il aurait mieux fait de me voler mes lunettes de soleil : elles valent plus !
Le fait est que depuis que je voyage, je suis encore plus qu'avant détachée de la matière, et que j'ai même le sentiment que les 0,7 mètres cubes de choses que j'ai gardé en France dans la cave d'une amie sont du superflu. La prochaine fois, je voyage avec 5 kg maximum. Enfin bon voilà. Maintenant je vais prendre un taxi pour aller à l'aéroport. Merci de me lire. Buvez "Chà !".