Dimanche 12 janvier 2003, Buenos Aires, Argentine.
Merci à tous pour vos messages. Ils sont de plus en plus... comment dire... affectueux et plein d'un respect infini que j'ai beaucoup de mal à justifier et à m'expliquer. Cela me touche profondément. Je vous découvre sous un nouveau jour depuis que j'ai commencé ce voyage. Je ne soupçonnais pas ce pouvoir de l'écriture...
"Ca fait quoi de rester longtemps au même endroit ?", me demande Sonia. Et bien je dirais que c'est dangereux, et finalement beaucoup plus difficile à gérer affectivement que de rester sur des relations courtes et superficielles. J'aurais dû m'en douter. Mais comme chaque fois j'expérimente, et ensuite j'analyse. Difficile pour moi de réfléchir avant d'agir. En gros, j'ai eu beaucoup de mal à partir de Mendoza, et je crois qu'un jour de plus, et je cherchais un travail pour y vivre.
Je me suis décidée à partir parce que dans l'auberge de jeunesse, les gens changeaient, l'ambiance était plus jeune (je veux dire plus 18 ans que 28 ans), que les gloussements hystériques des fillettes et les rugissement des jeunes coqs commençaient à me saouler, que tous les gens que j'appréciaient s'en allaient petit à petit, et que l'atmosphère allait devenir rapidement, non pas invivable car j'aurai pu m'y adapter, mais différente. Natalia, une fille qui travaille à la réception m'a elle même dit : "son chiquitos los nuevos, ahora estamos en una garderia para nene..." (Natalia est prof d'anglais et réceptionniste pour arrondir les fins de mois...) Traduction : " ce sont des tout petit, des très jeunes les nouveaux, maintenant on fait garderie...". Le fait est que en ce moment ce sont les grandes vacances, et que des groupes de jeunes argentins et -tines déboulent dans les auberges de jeunesses du pays par dizaine pour se payer du bon temps, et que l'échange culturel et le voyage en lui même leur importe peu : ils cherchent à fuir leur environnement naturel, et toxiquement urbain pour quelques jours, consomment à outrance, et que leur seule culture est celle du vin (en quantité plus qu'en qualité) de la bière (idem) et de la drague. Encore une chose universelle. Voilà ce qui m'a décidé à partir.
Mais cela n'en a pas été moins difficile. On prend vite des habitudes, et à Mendoza, j'avais déjà mes habitudes. Et plus je reste ici en Argentine, et plus je m'accoutume dangereusement, au point ou parfois, je remets en question la suite et la fin du voyage, m'imaginant tout laisser tomber pour rester. Mais pour l'instant je n'y crois pas encore : je me dis que je reviendrai pour y vivre un peu, parce que nécessairement, quand on voyage, même doucement, on ne perçoit que les choses positives. Pour véritablement connaître la face cachée d'un pays et d'une culture il faut y vivre un an, ou deux. Voilà où j'en suis.
Et après avoir disserté sur la nécessité de voyager doucement, je perçois désormais tous les risques d'une telle démarche (s'attacher au gens et ne plus pouvoir partir), et je crois qu'il vaut mieux pour moi que je reprenne un rythme de voyage plus ou moins "normal", à mi-chemin entre le grand speed et le calme tranquille.
Pour boucler la boucle, et pouvoir me dire que je pouvais partir, car j'avais tout vu, je suis allée faire une troisième fois du rafting. Deux fois avec Rio Andinos et Mariano, sur la partie supérieure du Rio Mendoza, il fallait que je teste la partie inférieure, celle qui coule après le barrage hydroélectrique dans un canyon exiguë et aux eaux limpides (contrairement aux deux premières fois qui étaient poudreuses et bouseuses).
Je suis donc allée "rafter" avec une autre entreprise, Betancourt et au niveau de Cacheuta, pour plus ou moins une heure de descente. Mes deux premières sorties étaient du genre impressionnantes, car le niveau de difficulté était moyen, mais constant sur toute la distance, ce qui fait que la montée d'adrénaline ne redescend jamais avant la fin. Le niveau était 3 voir 3+ et il fallait rester vigilant tout du long. Cette troisième sortie a été très différente : ça a commencé avec du 4+, du 4, absolument incroyable, et très bien géré par le guide Eduardo, qui soit dit en passant donnait les ordres en espagnol, "Adelante, atraz, derecha, izquierda", au lieu de "Foward, back, right, left". Ça chamboule tout dans la tête mais on s'y fait. Puis la pression retombe au bout de 15 minutes, 3+, 3 et rapidement on arrive dans des eaux de niveau 2, et on ne rame quasiment plus, on se laisse porter par les eaux calmes, limites ennuyeuses, du 2 jusqu'à la fin... Je me demande même si parfois cela ne frôlait pas le 1 ou le 0 ! Bref, 1h15 de descente pour 15 minutes d'adrénaline, à peine. En dehors du fait que le cadre est exceptionnel, la sortie elle a été plutôt décevante. Il ne me restait plus qu’à quitter Mendoza.
Le départ de l'auberge de jeunesse n'a pas été une simple affaire. D'abord le matin de mon départ la femme de chambre, Betty, au nom de toute l'équipe m'a fait un cadeau (une petite assiette en terre cuite décorée de motifs indigènes, très jolie et du genre qui se casse facilement dans un sac de baroudeuse comme le mien, quoique pour l'instant j'ai réussi à la conserver intacte). Je ne savais plus où me mettre. Comment les remercier. J'ai fait des bisous à tout le monde. Je crois que certain n'étaient pas au courant et n'ont pas compris pourquoi...
Et le soir, quand j'ai demandé un taxi pour aller à la station de bus, aucun des employés de l'auberge n'a voulu le faire. J'ai du décrocher le micro de la cibie moi-même comme je l'avais vu faire tant de fois en 14 jours, appeler la centrale de taxi en disant le sésame habituel, "codigo dies y nueve", pour finalement commander mon taxi moi même. Bref. Toute une histoire. Mais bon, pour ma part, j'ai fait face, non sans émotion, mais avec dignité à cette situation déchirante.
Je m'entendais bien avec Nathalia, même si parfois elle me charriait tellement que je ne savais plus quoi penser (être charriée dans une langue étrangère, avec toute la difficulté que cela implique pour percevoir le ton, est une expérience fort enrichissante...), avec Ariel, avec qui je devais parler en anglais pour qu'il pratique sa langue préférée, et arrive finalement à faire illusion (faire croire qu'il était "anglophone") avec Marcella, sa petite amie, avec qui j'ai passé le 1er janvier presque entier à boire du maté et à discuter,... J'aimais bien Raúl, le veilleur de nuit, pour m'avoir servi de réveil matin plusieurs fois avec tant de délicatesse, et m'avoir servi un petit déjeuner à 6h30 alors que les petits déjeuners commencent à 7h. Les filles de la cuisine avaient toujours du rab, et un petit mot gentil. Et Pedro, le patron, a fini finalement par réussir à m'organiser une sortie longue de rafting, ce qui lui semblait impossible puisque j'était la seule à vouloir la faire. Federico a su me guider (guide c'est son métier mais bon...) pour trouver la bonne position en rappel, et Daniel (autre guide) m'en a appris autant sur son pays que je ne lui en ai raconté sur le mien. Je n'ai pas eu le temps de bien connaître les gars qui travaillaient au bar parce que je n'y était presque jamais (fuyant l'ambiance fillettes hystériques et coqs rugissants), mais leurs visages familiers faisaient partie du "truc" dans cette auberge de jeunesse à Mendoza... et tout ça pour ne parler que des employés... parce que sur les autres voyageurs, il y en aurait encore des tonnes à écrire.
En fait j'ai rencontré plus de porteños que de mendozinos à Mendoza. Mais grâce à eux, j'ai réussi à trouver des repères ici à Buenos Aires, où je suis arrivée complètement déboussolée mercredi dernier.
Car le contrecoup du départ de Mendoza, c'est à mon arrivée à Buenos Aires que je l'ai senti. D'un seul coup je me suis mise à flipper. Cette ville est trop pour moi. Trop de bruit, trop de voitures, trop de chauffards, trop de gaz de pots d'échappements, trop de gens qui courent, trop d'activité... et ce n'était que mes premières impressions parce que tout ce que j'ai découvert de cette capitale par la suite est du même ordre : tout simplement "trop".
J'ai passé dix minutes dans un locutorio de la gare à téléphoner aux auberges de jeunesses de la ville pour trouver une place. Puis dix minutes à téléphoner à l'ambassade et au consulat de France à Buenos Aires pour retrouver la trace d'un courrier que mes parents m'y avaient envoyé le mois précédent. Et je ne suis tombée que sur des gens incapables de m'aider, quoique fort dévoués... et en français, s'il-vous-plait !
Puis je suis allée à l'auberge de jeunesse où je suis restée littéralement paralysée et allongée sur mon lit, faisant une espèce de sieste bizarre, qui m'a plus servit à réunir mes dernières ressources humaines pour affronter la ville, qu’à me reposer.
Pour la deuxième fois, j'ai trouvé de la bonne cuisine italienne, et ce, juste en dessous de mon auberge de jeunesse, dans le restaurant qui appartient au même propriétaire. Il semblerait que la bonne cuisine italienne en Argentine se trouve, d'une part dans les familles, et d'autres part à Buenos Aires, ce qui me conduit une nouvelle fois à présenter toutes mes plates excuses aux nombreux argentins d'origine italienne qui ont du s'offusquer de ma critique culinaire du message # 26.
Puis je me suis enfin décidée à me bouger : j'avais une mission à accomplír dans cette capitale. À défaut d'avoir le courage de la visiter, il fallait que je profite d'y être pour voir des films argentins.
Ma première expérience cinématographique à Buenos Aires a été dans une salle indépendante du nom d'une actrice fort connue, et ne passant que des films argentins. Sur les conseils d'un critique de cinéma que j'ai rencontré à Mendoza (il fallait décidément que je passe à Mendoza avant d'aller à Buenos Aires), lequel m'a fait tout une liste de films que je devais voir, je suis donc allée voir Historias Minimas. Trois histoires en Patagonie, qui se croisent et se rencontrent et ne se terminent pas, trois portraits argentins dans le plus beau des décors que l'on puisse imaginer : les routes désertes et interminables de la Patagonie, ses couchers et ses levers de soleil tel qu'on les imagine. Un vieil homme, diminué par son fils, part malgré tout à la recherche de son chien, qui l'a quitté quelques années auparavant (par "quitter" il faut entendre qu'il est parti et non qu'il est mort...) : il le retrouve grâce un ami qu'il se fait sur la route, mais ne veut pas accepter que ce n'est pas son chien, et son nouvel ami doit l'acheter pour le lui donner sans rien lui dire. Une jeune femme, sélectionnée pour un jeu télé minable, va à la capitale pour y participer, malgré son bébé à charge, et son mari absent : elle gagne mais doit échanger son cadeau très cher contre un moins cher et quelques pesos, car elle n'a pas d'argent pour dormir à l'hôtel. Et un VRP, au destin amoureux fuyant, fait tout pour débarquer par surprise chez la femme qu'il aime (sans se l'avouer), persuadé que c'est l'anniversaire de ce qu'il croit être son fils et qui va avoir 7 ans, ne sachant si c'est une fille ou un garçon et faisant tout pour transformer son gâteau en forme de ballon de foot en tortue. Très drôle et très beau.
Et puis j'ai remis ça le lendemain : je suis allée voir deux autres films qui m'avaient été conseillés. El Bonaerense et El oso rojo. Le premier est l'histoire de "Candide" qui met les pied dans la dure réalité version fresque sur la police argentine : images sombres et direction photographique magnifique. Et le deuxième est un policier au ton social, dans la lignée de Little Odessa et Kiss of Death (l'histoire du gars qui sort de prison et qui ne veut pas replonger dans le milieu du crime mais dont le seul moyen pour s'en sortir est d'accomplir l'ultime et fatal hold up, pour retrouver sa femme et sa fille et sa liberté) et dont je pense que je n'ai pas pu percevoir toute la subtilité, tant il me manque des repères culturels sur la vie de ce pays.
Et vous ne devinerez jamais ce que j'ai fait après. Je n'aurai jamais pensé en arriver là. J'ai téléphoné aux Spice Girl de Buenos Aires. Elles sont passées me chercher en voiture à la sortie du cinéma. Elles étaient avec ma copine anglaise Sarah, qui passe ses derniers jours de voyage ici, et qui est franchement copine avec les Spice Girl, contrairement à moi. Elles m'ont emmenée à leurs activités favorites (activités de Spice Girl) : shopping dans le quartier chic et français de la Recoleta, cocktail exotique et aux noms érotiques sur les terrasses du même quartier, discussions dont je ne me souviens même plus de la substance tant elle en avait peu (de substance), séance photo avec flash anti-zyeux-rouges, et dîner dans l'endroit le plus chic et pas cher du même quartier, un restaurant tout à volonté pour dix pesos, mais façon on se gave bien habillées. Bref. Je découvre la culture argentine. Après ces quelque heures passées avec les Spice Girl, je connais enfin leurs prénoms. Lorena, Sylvina, Cynthia, Melina, Gabriella et... et... la sixième, je ne sais plus... Evangelina.... Je crois que j'ai su leurs âges et leurs signes zodiacaux avant leurs prénoms. Toutes 25 ans, sauf Sylvina qui en a 26, et Lorena 23, bientôt 24. Toutes Gémeaux, sauf Sylvina qui est Sagittaire, et Gabriella, Bélier. Que viennent faire un Sagittaire et un Bélier au milieu de tous ces Gémeaux !
Vendredi était le jour tant espéré du retour de vacances de Melina à Buenos Aires. Melina est cette étudiante en psychologie, de 22 ans, que j'ai rencontré à Mendoza, accompagnée de son petit ami, Fernando. Elle avait promis de m'accueillir chez elle et de me faire découvrir la ville. Elle était le seul vrai repère que j'avais dans cette ville. Je lui ai téléphoné et on a pris rendez-vous pour le lendemain.
En attendant il fallait bien que je fasse quelque chose. En dehors du fait que les Spice Girls m'avaient à nouveau invité à passer la soirée avec elles ce jour là, je me suis décidée à explorer la ville. J'ai commencé par le cimetière de la Recoleta, que je n'avais pas pu visiter la veille avec les Spice Girl parce qu'il était fermé, mais que de toutes façon les cimetières de les intéressent pas. Lorena a reconnu que j'en savais plus qu'elle sur sa propre culture, et que de toute façon la culture ne l'avait jamais intéressé.
Mais si je tenais à voir ce cimetière, ce n'était pas une lubie, loin de là. Il faut dire que ce cimetière est un monument, l'équivalent du Pére Lachaise à Paris. Je me renseigne sur le bus à prendre pour m'y rendre, je prends ce bus, et là je me retrouve prisonnière du bus, incapable d'en bouger, subjuguée (ou terrifiée) par la ville qui défile par ma fenêtre. D'abord je ne descends pas au cimetière, puis le bus file le long des grandes avenues qui longe le port. Une succession d'immeubles immenses, tours de verres et exploits architecturaux, un extrait de Manhattan en plus soft, mais visiblement des millions, sinon des milliards de dollars, transformés en bâtiments luxueux. Une manifestation près de la Tour des Anglais, pas loin de la station de bus de Retiro. Il y a des manifestations de protestations tous les jours à Buenos Aires. Puis le bus longe les monuments. Des monuments compléments mégalomaniaques, massifs, et... comment dire... très masculins. Je pense particulièrement au bâtiment de l'Université d'Ingénierie. Une aberration architecturale : un bloc de pierre monstrueux avec une façade d'énormes colonnes de deux mètres de diamètres et 15 mètres de haut. Idem pour la cathédrale sur la place de Mai. Douze colonnes qui symbolisent les Apôtres. Et les mendiants sur les marches de la cathédrale, où passent plus de touristes que de croyants, ont l'air si minuscules assis près des colonnes. Heureusement, Buenos Aires, en dépit de cette urbanisation hétéroclite et de mauvais goût dans le centre, ne manque pas d'arbres et d'espaces verts : il y a des parcs et des places de verdures partout. Et des palmiers partout.
Mais petit à petit, le bus dans lequel j'étais, longeant les quartiers très touristiques de San Telmo et de La Boca, s'éloignait du centre pour sortir de Buenos Aires, et je me suis retrouvée au milieu des bonaerenses, loin des porteños. Car on appelle porteños les habitants de Buenos Aires, et bonaerense ceux du grand Buenos Aires, du reste de la province, de la banlieue et ses alentours. De larges avenues désertes et sales, des immeubles bien moins hauts et bien plus miteux, un centre commercial Carrefour, une pauvreté plus visible, plus aucun monument arrogant, et peu de magasins à part une ou eux sandwicheries. Une fois au terminal du bus il ne me restait plu qu’à retourner à Buenos Aires.
Prendre un bus à Buenos Aires, c'est une vraie aventure, pour comprendre d'où il vient, par où il passe et où il va, d'une part, mais surtout ne pas oublier de prendre de la monnaie avec soi car les distributeurs de tickets automatiques n'acceptent pas les billets et le chauffeur se contente de conduire (comme des fous d'ailleurs).
Prendre un taxi aussi c'est une aventure. Toujours se renseigner sur le prix de la course avant d'appeler le taxi, puis négocier le prix de la course avant de monter, et payer le prix juste de la course, ou ne pas descendre avant d'avoir obtenu la monnaie. Sinon il vous arrivera ce qui est arrivé à Sarah. A son arrivée à Buenos Aires elle a pris un taxi. La course se montait à 5 pesos. Et après avoir récupéré ses affaires, elle s'apprête à payer en passant le billet de 5 pesos par la fenêtre. Et ne voila-t-il pas que le chauffeur lui dit que son billet est faux (en fait il était neuf, et tout à fait bon). Elle sort son portefeuille et d'autres billets. L'homme prend tout simplement les billets de sa main pour lui montrer les faux et les vrais billets, et dans sa démonstration fort loquace, garde un billet de 100 pesos, et s'en va tout simplement. Sarah avait bien senti l'embrouille, mais que pouvait-elle faire.
Sinon je crois que concernant la conduite, Buenos Aires est en deuxième position après Sao Paulo sur ma top-liste des pires chauffeurs. Et pourtant, ici il y a des feux tricolores à tous les croisements, contrairement à certaines villes de province, où les gens conduisent au petit bonheur la chance, parce qu'il n'y a pas de signalisation.
Si vous ne voulez pas risquer votre vie reste l'option métro. Ici il s'appelle le "subté", comte cinq lignes qui partent toutes du centre, coûte moins cher que le bus (0,70 pesos contre 0,80), et est franchement clean.
A parcourir Buenos Aires, je me suis vite rendu compte de l'immensité de cette ville. Ce n’est pas Sao Paulo, mais Paris est si petit. Paris sans la banlieue c'est 105 km². Buenos Aires sans la banlieue 200 km², New York sans la banlieue, 833 km², Sao Paulo sans la banlieue 1483 km², Tokyo sans la banlieue 2187 km², et Mexico sans la banlieue 3000 km². En terme de population de ces villes sans leurs banlieues, le classement est très différents : Tokyo 11 millions, Sao Paulo 10 millions, Mexico 8 millions, New York 7 millions, Los Angeles 4 millions, Paris et Buenos Aires 3 millions... et en terme de mégapole (ville plus banlieue), le classement change encore : Tokyo (toujours en tête) 31 millions, Mexico 23 millions, Sao Paulo 19 millions, New York 17 millions, Buenos Aires et Paris 12 millions, et Los Angeles 9 millions. Moralité : Paris est une petite ville intime…
Sinon, se repérer à Buenos aires, tout comme dans toutes les villes d'Argentine, c'est chose fort aisée grâce à cette rationalisation à outrance de l'espace, longues avenues toutes parallèles et toutes perpendiculaires, pâtés de maisons de 100 mètres sur 100 mètres. Impossible de se perdre !
Tous les 30 mètres un kisko : boutiques minuscules où on trouve de tout : boissons, bonbons, cigarettes, rasoirs, savon, piles, et j'en passe. Et tous les 80 mètres une "Heladeria" : boutique consacré exclusivement à l'univers magique des glaces.
Les porteños sont très fashion, limite fashion victime : piercing et faux tatouages sont monnaies courantes, et les coupes de cheveux déstructurées, avec couleurs farfelues, bien plus dans la "norme" qu’à Paris.
Cette ville vit 24 heures sur 24, ne s'arrête jamais, et pour certain, tout commence la nuit. Au point où dans l'auberge de jeunesse où j'étais on ne sert pas de petit déjeuner avant 9h. A quoi ça sert si tout le monde est rentré de boite à 5 heures ? Bref. Buenos Aires est une ville. Je dirais même plus, une capitale.
Finalement, vendredi soir, je ne suis pas allée dîner avec les Spices Girls, mais j'ai mangé indien (hindou), et ça fait du bien de changer un peu de saveurs.
Et samedi,  avec Melina, on a visité le quartier très coloré de la Boca : connu pour ses maisons peintes de couleurs vives, initiatives prise par un peintre y vivant, et suivie par les habitants, mais où aujourd'hui on croise plus d'artisans de pacotilles et de touristes que de résidents permanents de la Boca. Quartier aussi connu pour son équipe de foot (tout de bleu et jaune), l'une des plus importante du pays, bien qu'ayant perdu cette année en finale du championnat contre Independenzia (tout de rouge).
Puis nous sommes passées par San Telmo, le quartier des antiquités et du tango. Fort sympathique, et un peu moins touristique, mais tout de même. Et pour finir, nous sommes allées à Retiro (la station centrale de bus) où nous avons pris un train urbain pour aller dans son quartier à elle, bien plus résidentiel, et moins commercial, et absolument pas touristique.
Hier soir à l'auberge de jeunesse c'était le jour de l'asado cela a finit en boeuf géant... fort sympathique. Mais là, à la seconde prés, je n'ai qu'une envie, être en Patagonie. Demain je vais à la Plata, mardi je quitte Buenos Aires, mercredi je suis à Puerto Madryn... et si tout va bien samedi prochain ou dimanche je suis à Ushuaia, enfin !
Affaire à suivre. Chà !